Réflexions d'un coach spécialisé dans les transitions, à partir des événements et rencontres de la vie quotidienne...

lundi 6 mai 2013

La tendresse


"Et la tendresse ? ...bordel !" Evelyne Dress et Bernard Giraudeau 
Longtemps ignorée des psychologues et des chercheurs en sciences humaines, la tendresse, célébrée de tout temps par les artistes, a été remise à l’honneur depuis une quinzaine d’années. Dans les générations qui nous ont précédées, il est vrai, la tendresse ne se manifestait pas, peut-être par crainte de tomber dans la sensiblerie ou la mièvrerie.

Qu’est-ce que la tendresse ? C’est une expression d’attachement entre deux êtres qui exprime de l’affection, mais sous une forme différente de l’amour ou de la passion. Elle s’exprime davantage par le non-verbal que par les mots. Une sorte de connivence s’établit par l’intermédiaire des gestes, du toucher, du regard, de la voix. Toutes les manifestations de tendresse sont empreintes de douceur, de patience et de délicatesse et s’inscrivent dans le respect de l’autre et l’attention portée à ses besoins. C’est une qualité de l’attention qui s’offre, se propose, sans jamais contraindre, qui peut donc se mettre en réserve, en attente, sans se refermer, sans se bloquer. La tendresse peut s’exprimer dans les relations familiales, entre parents et enfants ou entre frères et sœurs, mais aussi entre amis et dans la relation amoureuse ; mais dans ce dernier cas, elle n'implique pas nécessairement de désir sensuel. Elle peut se manifester par des démonstrations telles que le câlin, les caresses ou le baiser.

Les premières études scientifiques sur la tendresse l’ont été dans le cadre de la relation mère-enfant. Dès les années 50, John Bowlby, pédiatre et psychanalyste anglais, montrait que les simples gestes de nourrir son nouveau-né, le changer ou le soigner n'étaient pas suffisants pour assurer un développement harmonieux, s’ils n’étaient accompagnées d’une certaine charge affective. Il a aussi affirmé (s’opposant aux théories de Freud) que le besoin de tendresse du tout jeune enfant primait sur ses besoins vitaux.

Par ailleurs, les éthologues ont montré que chez les mammifères d’une manière générale, la mère fait preuve de la plus grande tendresse vis-à-vis de sa progéniture, et la défend au péril de sa propre vie contre les dangers ; sauf exception, le mâle, de son côté, ne s’en préoccupe pas. A mesure que ses petits grandissent, la tendresse de la mère diminue, jusqu’à disparaître lorsqu’ils deviennent adultes.

Pour nous, êtres humains, la tendresse est un besoin de tous les âges de la vie. On a observé notamment les effets positifs des gestes de tendresse à l’autre extrémité de l’existence, l’accompagnement des personnes en fin de vie. On peut affirmer aujourd'hui que la tendresse est un élément indispensable à notre équilibre : sans tendresse, l’enfant ne peut se construire, l’adolescent ne peut acquérir son autonomie, l’adulte aura bien du mal à vivre en couple et le vieillard à aborder les portes de la mort. Sans tendresse, on peut même dire que les liens sociaux auraient du mal à se maintenir.

Selon Alain Delourme, la tendresse jouerait trois fonctions essentielles : l’unification des dimensions physique, psychique et affective ; la sécurisation du sujet, notamment vis-à-vis de sa peur d’abandon et d’isolement ; la confirmation (réciproque) de son sentiment d’exister.

Et vous, avez-vous besoin de tendresse ? Savez-vous l’exprimer à ceux que vous aimez ?


Renaud Cherel


Liens externes
Ce message vous a plu ? Vous pouvez voir aussi dans ce blog :

Aucun commentaire: